Libération a posé cinq petites questions au développeur, producteur et artiste
Hideo Kojima, âme du studio Konami, lors de son dernier passage à Paris. Une petite interview sans prétention pour bien terminer la semaine...
Qu’est-ce qu’un bon «game designer» ? Hideo Kojima : Quelqu’un qui étudie en permanence les êtres humains, voyage, tente de comprendre et éprouver les différentes cultures, se lie à des personnes du monde entier (y compris via Internet), se nourrit de films et de livres variés… Connaître les jeux vidéo ne suffit pas.
Metal Gear Solid 2 (2001) présente les jeux vidéo comme une forme de manipulation qui permet d’entraîner des soldats. D’où vient cette idée ? Hideo Kojima : Des liens étroits entre les jeux vidéo et l’armée. Mais le thème qui me tenait le plus à cœur, c’est celui du contrôle des sentiments et des idées par l’information. En transmettant ce message via l’interactivité, j’ai voulu que le joueur ressente lui-même, peu à peu, qu’il a été conditionné, trompé.
Il s’agit d’un des jeux les plus analysés de tous les temps. Vous y attendiez-vous ?
Hideo Kojima : A sa sortie, il a été très critiqué. Il a sûrement déçu les attentes, en raison de son énorme retournement de situation et de son scénario peut-être trop compliqué. Cependant, de nombreux joueurs réévaluent désormais
Metal Gear Solid 2 et comprennent mes intentions. J’en suis surpris et heureux.
Quel film adapteriez-vous en jeu vidéo ? Hideo Kojima : La Grande Evasion, qui m’a inspiré le concept original de
Metal Gear : se cacher et s’échapper pour gagner.
La Grande Evasion… Une belle métaphore du jeu vidéo ? Hideo Kojima : Oui (sourire).
Paru dans Libération du 17 septembre 2010